Coup d’œil sur la programmation du Wiener-Staatsoper.
Dominique Meyer, ancien patron de l’Opéra de Lausanne et du Théâtre des Champs Elysées à Paris, est entré officiellement en fonction le 1er septembre à la tête de du Staatsoper, l’institution musicale la plus célèbre de Vienne. A la lecture du programme qu’il a concocté, quelques innovations font déjà des vagues dans la capitale autrichienne.
Les nouveautés
Les séries de représentations sont plus denses qu’auparavant, ce qui diminue d’autant, à première vue, la diversité de l’affiche mensuelle. Ce ne sont pourtant pas moins de quarante-sept productions d’opéra différentes qui sont mises à l’affiche tout au long d’une saison s’étalant de début septembre à fin juin qui voit le rideau se lever quasiment tous les soirs !... Il faut dire qu’ ici, le public était, par le passé, habitué à voir quatre à cinq titres différents à l’affiche chaque semaine… Plus difficile à accepter est la production d’un opéra baroque (Alcina de Haendel) donné avec la complicité de Marc Minkowski et, en fosse, ses instrumentistes français remplaçant les inamovibles musiciens viennois...
Beaucoup pensent que la vénérable institution n’a pas à marcher sur les plates-bandes du Theater an der Wien, un théâtre innovant qui joue chaque année plusieurs ouvrages du XVIIIe … La nouvelle politique de renouvellement accéléré du répertoire est nettement mieux acceptée : Dominique Meyer a en effet augmenté leur nombre de sensible façon en le faisant passer de quatre à six tout en conservant la pratique des productions d’opéras donnés en concert dans des distributions fastueuses. Dernière innovation saluée, elle dans l’enthousiasme : Franz Welser-Möst, le nouveau directeur musical de la maison, ne dirigera pas qu’une ou deux premières ou reprises de prestige dans la saison mais entend rester bien présent tout au long de l’année. Dès le coup d’envoi, il aura dirigé coup sur coup les reprises de Tannhäuser et de La Bohème , ce dernier spectacle étant encore donné dans la production de Franco Zeffirelli, vieille de plus de quarante ans, certes poussiéreuse mais encore séduisante à l’œil …
Les premières
En octobre, le chef attitré de la musique dirigera une nouvelle production de Cardillac de Hindemith que mettra en scène Sven Eric Bechtolf, un artiste bien connu des habitués de la scène zurichoise. La distribution est construite autour des noms de Juliane Banse, une cantatrice élevée à Zurich, et de Herbert Lippert (les 17, 20, 23, 27 et 30 octobre). Puis ce sera au tour d’ Alcina de faire son entrée au répertoire de la maison dans une mise en scène d’Adrian Noble et avec la participation d’Anja Harteros, Veronica Cangemi, Vesselina Kasarova et Kristina Hammarström (les 14, 17, 20, 23 et 26 novembre).
En décembre, Dominique Meyer se lance dans une rénovation complète du cycle des opéras de Mozart, longtemps représentés dans des mises en scène anciennes qui avaient perdu toute trace de direction d’acteurs (Les Noces de Figaro étaient encore jouées dans les décors de Jean-Pierre Ponnelle !) Le coup d’envoi est réservé à Don Giovanni qui sera présenté dans une mise en scène de Jean-Louis Martinoty et les décors de Hans Schavernoch déjà vus à Paris lorsque M. Meyer dirigeait le Théâtre des Champs Elysées. Franz Welser-Möst dirigera Ildebrando D’Arcangelo, Sally Matthews, Saimir Pirgu, Roxana Constantinescu et Alex Esposito les 11, 14, 17, 20, 23 et 27 décembre. On voit que les distributions ont, elles aussi, pris un sérieux coup de jeune !... Deux mois plus tard, la même équipe (Welser-Möst et Martinoty) s’attaque cette fois aux Noces de Figaro (les 16, 19, 21, 24 et 26 février) avec une distribution plus « classique » comprenant les noms d’Erwin Schrott (qui sera cette fois le Comte Almaviva, non plus Figaro !), Dorothea Röschmann, Sylvia Schwarz, Luca Pisaroni et Anna Bonitatibus en Chérubin (après avoir été l’héroïne de L’Italienne à Alger de Rossini sur les planches du Métropole lausannois).
En avril, Anna Bolena de Donizetti verra s’opposer Anna Netrebko et Elina Garanca sous la direction d’Evelino Pido et sous les regards d’Elisabeth Kulman et d’Ildebrando D’Arcangelo dans une mise en scène d’Eric Genovese (les 2, 5, 8, 11, 14 et 17 avril.
L’opéra de Janacek Katia Kabanova sera donné dans une nouvelle production signée André Engel que dirigera l’infatigable Franz Welser-Möst les 17, 20, 23, 27 et 30 juin. La distribution aligne les noms de Klaus Florian Vogt (l’inoubliable Walther des derniers Maîtres Chanteurs genevois), Deborah Polaski et Emily Magee (elle toujours fort présente sur la scène zurichoise).
L’opéra donné en version de concert sera Lucrezia Borgia de Donizetti avec Michele Pertusi, Edita Gruberova, José Bros et Laura Polverelli les 2, 6, 10, 14 et 18 octobre.
Les reprises
Leur nombre est trop élevé pour en faire le catalogue complet. Au rang des plus importantes, signalons en décembre Un ballo in maschera de Verdi avec Ramon Vargas et Carlos Alvarez, un Werther avec Jonas Kaufmann et Sophie Koch en janvier 2011, une Bohème avec Rolando Villazon et Krasimira Stoyanova au début 2011, en février également un Billy Budd de Britten avec Neil Shicoff et Adrian Eröd, Ariadne auf Naxos avec Nina Stemme en mars ainsi que Arabella avec Camilla Nylund, Michael Schade et Bo Skovhus, une Tétralogie wagnérienne complète en avril avec un Parsifal donné en plus pour faire bonne mesure (avec Christopher Ventris et Waltraud Meier) ; en mai, on trouve une Manon de Massenet avec Roberto Alagna et Norah Amsellem et une reprise de Jenufa dirigée par Seiji Osawa avec Jorma Silvasti, Agnes Baltsa et Angela Denoke.
Eric Pousaz
Pour plus de détails, consultez le site officiel de l’Opéra : http://www.wiener-staatsoper.at/