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Festival d’Ambronay
Ambronay : “Méditerranée(s)“

La diversité culturelle sera au centre du festival 2010.

Article mis en ligne le juillet 2010
dernière modification le 19 août 2010

par Claire BRAWAND

Méditerranée(s) : c’est la thématique de l’édition 2010 du Festival d’Ambronay qui propose un voyage à travers la « mosaïque de langues, de peuples, de civilisations » qu’est cette mer entourée de pays à la tradition musicale riche et inépuisable : l’Italie, la France, l’Espagne, l’Algérie, le Liban, la Palestine,…

La diversité culturelle sera donc au centre du festival qui ouvrira ses portes le 10 septembre pour quatre semaines de musique, de découvertes et de rencontres (Mises en oreilles et Concert conférence avec le Quatuor Terpsycordes) organisées avec les chefs et musiciens invités. Tout cela à seulement une heure de Genève : qu’attendez-vous pour y aller ?

Chefs : d’une génération à l’autre…
Ton Koopman et Gabriel Garrido, grands précurseurs du mouvement baroque, avaient pris, en 2009, une grande part au 30ème anniversaire du festival. Les concerts qu’ils dirigeront cette année feront, à n’en pas douter, événement. Le chef néerlandais, spécialiste et passionné de Bach depuis plus de 20 ans dirigera les Cantates BWV 127, BWV 140 et BWV 147, à la tête de l’Amsterdam Baroque Orchestra Orchestra & Choir (17.09). Gabriel Garrido nous livrera quant à lui sa dernière création : La Guerre des géants de Sebastián Durón (1660-1716), maître de la Chapelle royale de Charles II à Madrid et l’un des plus grands compositeurs espagnols de son temps (25.09). Mais c’est avant tout les talentueux successeurs de ces deux grandes figures de la scène baroque que cette édition souhaite mettre en avant. Ainsi, vous aurez l’occasion d’assister à des concerts dirigés par Fabio Bondi, Marco Mencoboni, Manfredo Kraemer, Paul Agnew – et les Art Florissants (26.09) – ou encore Jean-Christophe Spinosi, représentants de la deuxième génération. Sans oublier les jeunes chefs d’aujourd’hui tels Emmanuel Bardon, Sébastien d’Hérin, Geoffroy Jourdain et la présence constante de Leonardo García Alarcón, artiste en résidence cette année (voir les concerts des 11.09 ; 12.09 ; 17.09 ; 2.10).

Trio Joubran

(Re)Créations
Créations, reprises de créations récentes ou encore fêtes en mémoire de la création d’une œuvre : plusieurs concerts fêtent la naissance d’une œuvre.
Venise 1610 – Ambronay 2010 : cette année marque le 400ème anniversaire de la création, à Mantoue, d’un chef-d’œuvre du répertoire choral sacré de Monterverdi : Les Vêpres à la Vierge. La nouvelle version que vous entendrez en concert d’ouverture (10.09) est le fruit des recherches de Marco Mencoboni qui propose une mise en espace de l’œuvre, en s’appuyant sur plusieurs chœurs disposés à différents endroits de l’église, comme au début du 17ème siècle. Quant à Leonardo García Alarcón, vous pourrrez l’aborder lors de la rencontre programmée le 11.09, ainsi qu’à l’occasion des quatre concerts qu’il dirigera : trois sont des créations, à commencer par l’oratorio Il Diluvio universale de Michel Angelo Falvetti (1642-1692), une composition dans la tradition de Carissimi et Haendel (11.09). Suivra un spectacle à la fois musical et chorégraphique, intitulé Monteverdi – Piazolla (17.09), reprise d’une création de l’année dernière. Les musiciens passent à plusieurs reprises du luth à la guitare électrique, du clavecin au piano, de la viole de gambe à la contrebasse… A noter, la présence du violoniste de Terpsycordes, Girolamo Bottiglieri. Enfin, le jeune chef dirigera les somptueuses Vêpres de Vivaldi (2.10), reconstituées autour du Dixit Dominus et du Lauda Jerusalem, deux œuvres restées méconnues depuis pratiquement quatre siècles.
Le ballet contemporain Les Indes dansantes (23.09) de Hervé Niquet (direction musicale) et Nathalie Pernette (chorégraphie) propose une lecture moderne de Rameau et son opéra-ballet, où des danses, évoquant tour à tour la Turquie, la Perse ou encore le Pérou, faisaient la joie de Louis XV. Amateurs d’instruments à cordes : ne manquez pas le concert Venise conçu par le chef argentin Manfredo Kraemer autour d’œuvres « visionnaires, sensibles, fortes et totalement baroques » pour instruments à cordes. Un hommage à la Sérénissime qui fut le centre européen de la musique et qui accueillit temps de compositeurs, parmi lesquels Johann Rosenmüller, Giovanni Legrenzi et Alessandro Stradella, à l’honneur le 24 septembre prochain. Dernière création programmée, Le Tombeau des Baigneuses est un poème théâtral et musical, écrit et mis en scène par l’artiste en résidence Pierre Kuentz. A découvrir le 30.09 et 1.10.

Autour du luth et du clavecin
L’un après l’autre, ils ont été les instruments phare du Baroque. A la Renaissance et tout au long du XVIIème siècle, le luth a joué un rôle central, notamment dans la prise de conscience harmonique ainsi que dans l’évolution des formes musicales. Pour ne citer que deux exemples, cet instrument a pris une part essentielle au développement du chant soliste accompagné ainsi qu’à la naissance de la suite instrumentale. Au début du XVIIIème s., il est évincé par le clavecin, instrument à cordes grattées. Le claveciniste Skip Sempé vous emmènera au fin fond des péninsules ibérique et italienne au son des tientos et différencias de Cabezón et Cabanilles ou encore des toccatas, fantaisies et sonates de Frescobaldi, Lasso, Picchi, Scarlatti… (19.09). Place ensuite au luth de Paul O’dette (26.09) et de Hopkinson Smith (3.10) pour deux récitals dédiés à des œuvres de la Renaissance italienne – Marco da l’Aquila, Albert de Rippe et Francesco da Milano – et espagnole avec les fantaisies et pavanes extraites d’El Maestro de Luys Milan.
La pluralité des traditions musicales méditerranéennes sera représentée par un large éventail de concerts, tous construits autour d’un répertoire particulier. Tarantelle du Salento (Officina Zoé, 11.09), chants sardes avec Elena Ledda (19.09), musique séfarade, arabe et espagnole du XIIIe s. sous la direction d’Emmanuel Bardon et son ensemble Canticum Novum (22.09) et bien d’autres encore. Enfin, certains spectacles devraient plaire aux enfants. La Compagnie l’Opéra-Théâtre présentera (12.09) La Zingara (1755), de Charles-Simon Favart (1710-1792). Du Coq à l’âne (26.09), relecture en musique du conte des frères Grimm, sous la direction de Sébastien d’Hérin. Et pour clore le festival (3.10), Jean-Christophe Spinosi dirigera l’ensemble Matheus lors d’un concert consacré à Vivaldi. Le contre-ténor David DQ Lee prêtera sa voix au célèbre Stabat Mater et à la cantate Cessate omai cessate. Et c’est avec le concerto pour flûte La Notte, interprété par le soliste Alexis Kossenko que s’achèvera une édition qui s’annonce des plus fascinantes.

Claire Brawand

www.ambronay.org/Festivals/Festival-2010.html, +33 (0)4 74 38 74 00