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Lucerne : Festival 2007

Aperçu de la programmation du Festival de Lucerne 2007.

Article mis en ligne le mai 2007
dernière modification le 15 juillet 2007

par Régine KOPP

Le festival de Lucerne nous a habitués, depuis plusieurs années, à placer sa programmation sous un thème. Aux questions « d’où venons-nous, où allons-nous » généralement étudiées par les philosophes, c’est à la musique cette fois d’apporter ses réponses. Du moins, c’est le souhait du directeur du festival !

Le programme invite donc les musiciens et le public mélomane à aborder sous cet angle certaines œuvres de l’histoire de la musique. Que ce soit par un travail de la mémoire ou un retour aux sources ou même un questionnement de notre présent.

Folklore et drame des origines
Ce thème de l’origine structure en filigrane de nombreuses œuvres ayant un rapport avec la patrie, l’enfance, les maîtres et en particulier dans des œuvres inspirées par la musique populaire, comme dans celles de Bela Bartok, Sandor Veress, György Kurtag, Peter Eötvös et György Ligeti. Des compositeurs qui servent aussi d’axe à la programmation de cet été, et qui plongent leurs racines dans la musique populaire hongroise. Certains motifs de chansons folkloriques s’entendent aussi dans la Troisième Symphonie de Gustav Mahler, que dirigera Claudio Abbado à la tête de son orchestre le Lucerne Festival Orchestra.
Quant à l’Or du Rhin de Richard Wagner (Bamberger Symphoniker et Bayerische Staatsphilharmonie), il s’agit du drame des origines par excellence.
Une touche exotique est apportée par le violoncelliste Yo-Yo ma, à qui l’on a confié une rubrique intitulée « Silk Road Project » et centrée sur les musiques archaïques de la route de la soie.
On ne mentionnera pas toutes les phalanges prestigieuses qui passent par Lucerne. D’une année à l’autre, à quelques exceptions près, ce sont les mêmes poids lourds qui remplissent la belle salle de Jean Nouvel. Véritable tour du monde musical en première classe !

Frank Peter Zimmermann (photo Franz Hamm)

Artiste étoile et compositeur en résidence
On retrouve aussi des rubriques qui ont été rôdées ces dernières années, comme « l’artiste étoile » avec le pianiste Pierre-Laurent Aimard et le chef Jonathan Nott, qui mettront l’accent sur la musique de György Ligeti. Autre rubrique, celle chargée d’honorer un compositeur. Le « compositeur en résidence » de cet été est Peter Eötvös qui créera avec le Lucerne Festival Academy Orchestra, l’œuvre de commande Seven, Memorial for the Columbia Astronauts. Par ailleurs l’Académie créée par Pierre Boulez et l’orchestre issu de cette académie travailleront et présenteront des œuvres de Pierre Boulez (Sur Incises, Le Marteau sans son maître) mais aussi des pièces de Stockhausen, Kurtag, Ligeti, Bartok.
Mais la boulimie festivalière du directeur Michaël Haefliger ne s’arrête pas là. Il y ajoute de la musique de rue (venant des quatre coins de la planète), et des programmes comme Late Night, Children’s Corner (avec ateliers), tables rondes avec des artistes, un cycle cinématographique (Tarkowskij est à l’honneur) et des expositions (Bacon/Picasso au musée des Beaux-Arts et Toscanini dans le hall du KKL).
Cette abondance de l’offre s’explique certainement par la nécessité du directeur de retenir son public sur plusieurs jours. Car, après avoir épuisé les charmes du lac et des sommets environnants, l’ennui pourrait gagner assez rapidement le visiteur. Un message bien compris par Lucerne Festival qui, d’année en année, cherche à ratisser large pour augmenter son public mais aussi proposer une large palette de divertissement.

Régine Kopp

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