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Domaine de la Touvière
Meinier : Festival Amadeus

Alexandre Tharaud à la tête d’Amadeus

Article mis en ligne le 2 juillet 2011
dernière modification le 6 décembre 2013

par Martina DIAZ

Le Festival Amadeus, qui se tient depuis douze ans à la Grange du Domaine de la Touvière au Carre d’Aval de Meinier, sera dirigé pour la première fois par le pianiste français Alexandre Tharaud. L’éclectique programme de cette édition, qui se tiendra du 1er au 10 septembre 2011, s’annonce prometteur de belles découvertes.

C’est le festival, avoue Alexandre Tharaud, qu’il aurait aimé créé. Alors lorsqu’on lui a proposé d’en prendre la direction, il n’a pas hésité un instant. Parce que le mandat de directeur est toujours de trois ans, ce qui permet un roulement dynamique et sain à la tête du festival, le pianiste s’efforce dès cette édition d’élargir l’offre du festival, de le rendre plus « curieux », plus « coloré ».

Plusieurs concerts sont notamment accompagnés de lectures. Le premier septembre, la pianiste chinoise Zhu Xiao Mei interprétera les Variations Goldberg de Bach dans lesquelles elle excelle. Son récital sera précédé par une lecture des extraits de « La Rivière et son secret », œuvre de la pianiste même, faite par Benjamin Lazarse. Le samedi 3, Jean-Guihen Queyras (violoncelle), Isabelle Faust (violon) et Alexandre Melnikov (piano) interpréteront des trios de Beethoven, précédés par des textes sur le compositeur écrits et lus par Jacques Rebotier.

Alexandre Tharaud
© Eric Manas

Le jeudi 8 sera placé sous le signe de la musique française : Catherine Jacob lira à 18h00 des textes autour de Satie, tandis que le Quatuor Schumann interprétera à 16h30 des quatuors de Chausson et de Fauré, et qu’à 20h30 le Quatuor Diotima, accompagné par le violoniste Tedi Papavrami et Frédéric Vaysse-Knitter au piano, créeront un Quintette de Noël Lee. Le lendemain, Marthe Keller lira des extraits de la correspondance de Clara Schumann, avant que Georg Nigl, ténor, et Andreas Staïer, pianoforte, n’interprètent des œuvres de Robert Schumann et de Mendelssohn.

Mais le festival propose aussi de décloisonner la musique classique en la mêlant à d’autres genres. Le vendredi 2 septembre, le violoncelliste Jean-Guihen Queyras sera accompagné par les frères iraniens Chemirami, qui feront alors résonner dix siècles de musiques méditerranéennes. Le mercredi 7, Alexandre Tharaud se mettra au piano, accompagné par le guitariste et chanteur Alberto Garcia. Parce que la musique de Scarlatti est influencée par le flamenco, né précisément à Séville au XVIIe siècle, l’alternance de Sonates et de pièces traditionnelles espagnoles va sûrement éveiller des échos entre elles dans ce concert créé ce printemps à Lyon.

Enfin, le samedi 10, un « concert déconcertant » est prévu à 18h30 : les clavecinistes Hervé Niquet et Elisabeth Gégeire seront accompagnés par les comiques Benizio dans un spectacle promettant plein de surprises. Baptiste Trotignon clôturera le festival avec une soirée Jazz, en improvisant sur des thèmes entendus tout au long de la semaine au domaine. Mais un post-scriptum est prévu dimanche matin, à 6h (des croissants attendront les courageux, promet-on) : Alexandre Tharaud, accompagné du cavalier Bartabas, commenceront à jouer dans la nuit et ne s’arrêteront que lorsque le soleil se sera enfin levé.

Hervé Niquet
© Nicole Bergé

Le nouveau directeur se propose également d’investir d’autres recoins du lieu. Jacques Rebotier, écrivain et comédien en résidence, dressera une tente transparente avec les lettres qu’il envoie, depuis une quarantaine d’années, à Beethoven… et les réponses qu’il reçoit parfois ; il écrira également sur un mur des critiques avant les concerts ; improvisera, chaque soir avant le concert à 19h59, dans la « minute Rebotier » ; lira son monologue « contre les bêtes » - prononçable uniquement dans une grange ; organisera enfin des concerts pour les enfants, les 4 et 5 septembre, de musique contemporaine – parce qu’ils savent, assure Alexandre Tharaud, particulièrement bien l’accueillir.

Toutes les nouveautés du festival ne lui font pas pour autant renoncer au traditionnel concert du chœur de Meinier, programmé le dimanche 4 septembre : précédé d’un petit-déjeuner à la ferme, l’ensemble interprétera ensuite des œuvres de Vivaldi, Bach, Zelenka, Mozart et Haydn. Car la direction du festival tient à l’implantation locale de la manifestation : généreusement financé par les communes de la rive droite et en particulier par celle de Meinier, la convivialité et le charme du lieu demeurent un des atouts majeurs d’une manifestation que les artistes aiment à fréquenter, proches ici d’un public particulièrement fidèle et varié.

Martina Díaz