Détails sur la nouvelle programmation.
Sous la direction de Serge Dorny, les saisons d’opéra de Lyon se distinguent par une ligne programmatrice originale. Si l’an dernier, un festival d’opéra en un acte a permis de voir six œuvres apparemment les plus disparates sur trois soirées, cette année, c’est le théâtre Nô qui aura la vedette.
Le compositeur Peter Eötvös dont Lyon se souvient de l’extraordinaire création des Trois Sœurs en mars 1998, retrouve cette scène avec la création de Lady Sarashina – érudite japonaise du 11e siècle dont le Journal sert d’argument à ce nouvel opéra. Mireille Delunsch assure le rôle-titre alors que sous la baguette du compositeur, la mise en scène, les décors et les costumes sont assumés par la même équipe qui s’occupèrent des Trois Sœurs (dès le 4 mars 2008). Le lendemain de cette création mondiale, c’est le tour du compositeur japonais Toshio Hosokawa de présenter Hanjo – la tragique histoire d’amour d’une jeune démente romanesque. La jeune soprano Marie Arnet, charmant Amour d’Orphée et Eurydice à l’Opéra de Lausanne en 2004, tient le rôle de la malheureuse jeune et jolie folle (dès le 5 mars 2008). L’étrange et superbe Curlew River de Benjamin Britten poursuit ce festival dans une mise en scène confiée à Olivier Py (dès le 6 mars 2008). En marge de ce festival, le conte japonais La Chute dans la vallée sert d’argument à l’opéra de Kurt Weill, Celui qui dit oui, celui qui dit non que l’Opéra de Lyon délocalise au Théâtre de la Renaissance de Oulins (dès le 12 mars 2008).
Si, au moment où nous mettons sous presse, la saison lyonnaise aura déjà débuté avec la version en concert de Maria Stuarda de Gaetano Donizetti avec Patricia Cioffi dans le rôle-titre, l’un des événements majeurs est à venir avec la production du Siegfried de Richard Wagner. Le ténor danois Stig Fogh Andersen tient le rôle-titre dans une production dont la mise en scène décoiffante est assurée par le scénariste canadien François Girard (dès le 18 octobre 2007).
La fin d’année lyonnaise est festive avec La Vie Parisienne de Jacques Offenbach. Cette nouvelle production, mise en scène par Laurent Pelly, permettra d’applaudir la mezzo suisse Maria Riccarda Wesseling, le baryton Laurent Naouri, le ténor Jean-Paul Fouchécourt et la soprano Brigitte Hool. Du pétillant en vue (dès le 18 décembre 2007).
Après Mazeppa et Eugène Onéguine, La Dame de Pique complète le cycle lyonnais des opéras de Tschaikovsky. Dans la distribution presque exclusivement russe, on retrouve le magnifique ténor Micha Didyk dans le rôle d’Hermann et le baryton Nikolai Putilin dans celui de Tomski. Peter Stein, l’enthousiasmant metteur en scène du Falstaff de Verdi et d’un magnifique Pelléas et Mélisande de Debussy sur cette même scène, dirigera cette nouvelle production (dès le 24 janvier 2008).
Après le Festival Nô (voir plus haut), l’Opéra de Lyon reprend la superbe production du Songe d’une Nuit d’Eté de Benjamin Britten mis en scène par Robert Carsen. Dans la distribution, on note la présence de la soprano Sandrine Piau qui donne la réplique au contre-ténor Lawrence Zazzo (dès le 3 avril 2008).
Le Théâtre de la Renaissance de Oulins s’américanise avec une nouvelle production de l’Opéra de Lyon de Lady in Dark de Kurt Weill et Ira Gershwin. Une comédie musicale sur fond d’analyse psychanalytique (dès le 28 avril 2008).
Changement de cap pour les chorégraphes Montalvo et Hervieu, qui après leur expérience de mise en scène des Paladins de Jean-Philippe Rameau en 2004, y reviennent avec le magnifique Porgy and Bess de Georges Gershwin (dès le 17 mai 2008).
La saison lyrique lyonnaise se clôt comme elle a débuté, avec un opéra en version de concert. La Damnation de Faust d’Hector Berlioz voit l’Orchestre et les Chœurs de l’Opéra de Lyon sous la direction d’Emmanuel Krivinne. Si le rôle de Faust n’est pas encore distribué, c’est la soprano Katerina Karneus (le très beau Compositeur d’Ariane aus Naxos de Richard Strauss à Genève) qui chante Marguerite (dès le 27 juin 2008).
Danse
Du côté de la danse, l’Opéra de Lyon présente une saison de haut vol avec des invitations lancées aux plus grands chorégraphes actuels. William Forsythe présente Second Detail , le fameux Duo , et One flat thing reproduced (dès le 11 septembre). Dans le cadre de la Biennale de Lyon, Jérome Bell dirige le Ballet de l’Opéra de Lyon dans son spectacle The Show must go on sur des musiques allant de Leonard Bernstein à Paul Simon en passant par Paul Mac Cartney et Edith Piaf (dès le 18 septembre).
Le succès de Cendrillon selon Maguy Marin ne se dément pas puisqu’avec cette nouvelle série de ce ballet, il touchera à sa 285e représentation ! dès le 20 novembre 2007).
Autres monstres sacrés de la danse, l’art de Merce Cunningham avec Beach Birds et de Trisha Brown avec Newark et Set and Reset/Reset est réuni pour cette improbable rencontre (dès le 10 février 2008).
Le Ballet de l’Opéra de Lyon ne pouvait pas ne pas faire entrer One of a Kind de Jiri Kylian au répertoire de sa troupe. C’est chose faite comme les huit autres ballets du génial chorégraphe (dès le 10 juin 2008).
Jacques Schmitt