Aperçu de la troisième saison du Grütli.
par Sylvia MEDINA-LAUPER
Pour sa troisième saison, le Grütli clôt sa trilogie chronologique par un
cinglant Chaos. Après Logos pour la tragédie grecque et RE pour la Renaissance, Chaos s’attaque aux turbulences des XXè et XXIè siècles.
L’intitulé est librement inspiré des progrès scientifiques des années 60 durant lesquelles la théorie du chaos dévoile une évolution sans cesse en expansion et surtout « qui pose l’avenir comme imprévisible ».
Chamboulements
L’auteur phare retenu, comme une évidence, pour illustrer ce chantier du XXè siècle, n’est autre que l’Allemand Heiner Müller (1929-1995). Qui, mieux que lui, pourrait évoquer les grands chamboulements de ce siècle ? Né l’année du Crash boursier et mort peu après la réunification de son pays, il a vécu la Seconde Guerre mondiale, les deux grandes idéologies totalitaristes meurtrières que sont le nazisme et le communisme (rappelons qu’il vivait en Allemagne de l’Est).
Son théâtre postmoderne ne laissera pas le monde de la scène indemne ; après Müller, témoin de la barbarie humaine, le théâtre devient autre.
Témoignages
Cinq compagnies nous donnent à partager les témoignages de cet auteur hors norme. Il y aura Configuration, Pièce de cœur , une chorégraphie sur un poème saisissant de 18 lignes, Quartett mis en scène par le jeune Chaux-de-fonnier Fabrice Huggler qui interroge les relations hommes-femmes en revisitant les deux charmants protagonistes des Liaisons Dangereuses, suivi par Rivage à l’abandon – Médée, paysage avec les Argonautes parce que Heiner Müller est le plus grec des dramaturges occidentaux, et enfin le sanglant Anatomie Titus fall of Rome qui analyse les rapports de l’individu à la collectivité.
Parallèlement à ce mastodonte, un belle part sera faite à un autre auteur allemand, Einar Schleef avec son Gertrud, une fête des morts qui met à l’honneur sa mère et de manière plus générale la femme.
Enfin, d’autres pièces comme par exemple celles de Roland Barthes, Blanc ou de Goethe avec Hélène .
Bienvenue dans ce vaisseau 08/09 qui promet de belles rodomontades.
Sylvia Medina-Lauper