La programmation de l’édition 2007 presque en détail.
Moins de sous pour le Festival, fini la monnaie "Jazz", plus de Casino…
Le Montreux Jazz ne laisse plus rien au hasard. Il se recentre sur ce qu’il sait faire de mieux : garantir une musique de qualité. Les têtes d’affiche sont donc encore au rendez-vous de cette 41e édition. Comme à son habitude, et à plus forte raison cette année, la manifestation recherche l’équilibre avec des musiciens pour tous les goûts : de Norah Jones aux Rita Mitsouko,
des Beastie Boys aux Chemical Brothers.
Puisque le Casino ne fait plus recette, le festival se passera cette année de cette salle, pourtant scène primitive. Depuis plusieurs éditions dans les chiffres rouges, Claude Nobs et son équipe ont décidé de rassembler les concerts à l’Auditorium, au Miles Davis Hall et au Petit Palais. Fini donc les marches hâtives et entravées d’une scène off au Casino, terminées également les pièces "Jazz", dont la conversion énervait passablement. Plus fonctionnelle, la manifestation n’en est pas moins encore et toujours monstre. Pour preuve, les artistes qui se produiront l’espace de cette quinzaine : aperçu non exhaustif de ce qu’il ne faut pas manquer.
Les valeurs sûres
Claude Nobs a convaincu l’Irlandais Van Morrison de se produire durant deux soirs, l’un avec Candy Dulfer et Georgie Fame (le 18), l’autre avec Solomon Burke, Dr. John, Booker T & The MG’s (le 20). Rien que ça ! Autre joint prévu, Al Jarreau, fidèle ami du Festival et toujours en forme, rejoint sur scène le guitariste George Benson le 12, histoire de refaire l’impeccable album "Givin’ it up" (2006) ? Enfin, le pianiste Chick Corea et le vibraphoniste Gary Burton accordent leur clavier pour une soirée jazz le 9.
Le coup des jeunes
The Chemical brothers (dance, rock, rap, électro) ouvrent les feux du Festival le 6, donnant une tonalité juvénile très tendance à cette édition. Placebo occupe à lui tout seul la soirée du 8 à l’Auditorium. Le guitariste de Rod Stewart ou de Jimmy Page, le très Britannique Jeff Beck, inscrit ses partitions sous le signe du rock fusion (le 15). Le Festival reçoit les rappeurs new-yorkais Beastie Boys le 9, et le bien nommé groupe Electrelane les rejoint le lendemain au Miles, avant un show gala instrumental. Un autre groupe de musique électronique, les Londoniens de Faithless (tendance trip-hop, house) prévoient de provoquer quelques insomnies le 10. Preuve que Funky Claude accorde une place de choix au rock alternatif à tendance électro.
Les faux vieux
Depuis 23 ans qu’ils inondent l’Europe de leurs tubes pop ("It’s a sin", "West End girls", "Always on my mind"…), les Pet Shop Boys foulent la scène de l’Auditorium le même soir (le 19) que les Américains d’origine New Wave The B-52’s, eux sur les scènes depuis 1976. Autre groupe formé cette année-là, celui du guitariste américain Mick Jones, Foreigner. Ils partagent leur soirée avec Roger Hodgson, la voix légendaire de Supertramp (le 17). Ceux-ci non plus ne sont plus tout jeunes : Fred Chichin et Catherine Ringer ont formé Les Rita Mitsouko en 1979 et se produisent au Miles le 14. Né de parents nigérian et brésilien en 1963, le Londonien Seal Samuel, plus connu sous son prénom Seal, s’est fait connaître au début des années 90 avec "Crazy" et surtout en 1994, avec "Kiss from a rose". Seal est invité le 21, soit le même soir que le chanteur de "Reggae night", le bientôt sexagénaire Jimmy Cliff. Qui aura la préséance ?
Les sirupeuses
Les voix féminines ont fait cette année l’objet d’une impitoyable sélection. Evénement de l’édition 07, Norah Jones, la fille du célèbre joueur de sitar Ravi Shankar, chante le 17. La guitariste et chanteuse de R&B d’Atlanta India Arie se produit le 8. Quant à la chanteuse-compositrice américaine Tori Amos ("Silent all these years"), elle promeut son neuvième album "Amercian Doll Posse" le 11. Et puis, la petite voix de la Française Keren Ann essaie de se faire entendre le 20, entre le rappeur Abd Al Malik et la trompette d’Erik Truffaz !
Les gloires jazz
Erik Truffaz, justement, vient de sortir son meilleur disque, "Arkhangelsk", en compagnie de Ed Harcourt. Ils en parcourent sans doute de savoureux extraits le 20 au Miles. De retour au Montreux Jazz, le trio new-yorkais Medeski Scofield Martin & Wood imposent leur son jazz alternatif le 16, tandis qu’occupent, seuls, la scène du Miles le 11, le pianiste prodige Brad Mehldau et son désormais inséparable coup de Pat Metheny, guitariste avec lequel il a enregistré le splendide album "Metheny/Mehldau" en 2006. Plutôt R&B qu’explicitement jazz, on classera aussi dans cette partie le pianiste John Legend (3 Grammy Awards en 2004), ne serait-ce que pour son majestueux "Again" (de son dernier album "Once again") ; à écouter le 8. Enfin, signalons une soirée surprise "Jazz Night" le 16, dont les artistes ne seront connus que le 6 juillet.
Les soirées spéciales
Plusieurs soirées sont en outre organisées, dont un "Retour à Gorée Jazz Project" le 6, avec Youssou N’Dour et ses amis (avec extraits du film "Retour à Gorée" du vidéaste montheysan Pierre-Yves Borgeaud), Carnaval de Bahia le 14 (Beth Carvallo et les tambours d’Olodum), un hommage à Gilles le 14 au Petit Palais (Valérie Lou, Jérémie Kisling, Polar, Sarclo, Michael von der Heide, Stéphane Chapuis, Popol Lavanchy et Pascal Auberson) et une soirée techno le 21 au Miles (Laurent Garnier).
On se réjouit déjà et espère que, dans son effort de concentration, le Festival saura cette année commencer ses concerts à l’heure (début de toutes les soirées à 20h30) et ne pas trop prolonger les pauses entre les concerts.
Frank Dayen