Scènes lyriques madrilènes : une saison sage au Teatro Real, et assez peu de véritables zarzuelas au Teatro de la Zarzuela.
La vie lyrique à Madrid se partage entre deux institutions : le Teatro Real, voué à l’opéra international, et le Teatro de la Zarzuela, en principe dédié au genre lyrique auquel il doit son appellation.
TEATRO REAL
La magnifique salle d’opéra sise au cœur de Madrid, face au palais royal, date du milieu du XIXe siècle. Son acoustique reste encore un modèle, dont on voit peu d’équivalent parmi les lieux dédiés à l’art lyrique. Cette saison est plutôt sage, avec des titres fréquents dans le grand répertoire. On cherche quelque peu la note espagnole, et on regrettera que l’anniversaire d’Albéniz n’ait été l’objet d’aucune résurrection de l’un de ses opéras (ce que la presse locale ne s’est pas fait faute de dénoncer, à juste titre).
Un Bal masqué (Lopez Cobos / Martone) a ouvert la saison en septembre et se poursuit les 1er, 3, 4, 7, 9, 10, 12, 13, 15, 18 et 19 octobre. Suivent : Il Trionfo del tempo de Haendel (McCresh / Flimm) les 2, 4, 5, 6, 8, 9, 10, 11, 13, 14, 15 et 16 novembre ; Katia Kabanova (Belohlavek / Carsen) les 2, 4, 5, 8, 11 14, 16, 17, 20 et 23 décembre ; El gato con botas (le Chat botté) de Xavier Montsalvage (Alberola / Sagi) les 10, 11, 12 et 13 décembre, mais hors les murs à l’Université Carlos III ; les Tréteaux de maître Pierre de Falla (Vicent / Lanz) les 16 et 18 janvier au Teatro Real, et les 23, 24 et 26 janvier exportés à l’Université Carlos III ; le Rossignol et Oedipus Rex , version de concert (Gergiev) les 20 et 21 janvier ; Faust-Bal , opéra contemporain de Leonardo Balada (Lopez Cobos / Font) les 13, 15, 16, 17, 18, 20, 21, 22 et 23 février ; Tolemeo de Haendel, version de concert (Curtis) le 14 février ; Tannhaüser (Lopez Cobos / Judge) les 13, 15, 17, 19, 21, 23, 25, 27, 29 mars et 2 avril ; Don Pasquale (Albiach / Muñoz) les 7, 8, 9, 10, 11 et 12 mars à l’Université Carlos III et les 22, 24 et 26 mars au Teatro Real ; Il ritorno d’Ulisse in patria (Christie / Pizzi) les 17, 19, 21, 22, 24, 25, 27, 29 et 30 avril ; Scènes de Faust de Schumann, version de concert (Lopez Cobos) les 20 et 23 avril ; la Damnation de Faust de Berlioz, version de concert (Luisotti) les 7, 10 et 12 mai ; Rigoletto (Roberto Abbado / Wagemakers) les 3, 4, 5, 6, 8, 10, 11, 12, 14, 15, 16, 17, 18, 20, 21, 22 et 23 juin ; et pour finir : les Noces de Figaro (Lopez Cobos / Sagi) les 11, 12, 13, 15, 16, 17, 18, 22, 23, 25, 26 et 27 juillet. Ballets, concerts et récitals lyriques complètent une offre abondante.
Location : Teatro real (34/90.224.48.48)
TEATRO DE LA ZARZUELA
Assez peu de véritables zarzuelas au Théâtre du même nom. Ce que l’on pourrait juger comme une déviance par rapport à sa mission. Deux des spectacles inspirés par la zarzuela sont des assemblages apocryphes dont on a tout à craindre ; les trois autres représentent des pièces relativement connues, sans réelle originalité. Une déception donc. Et un répertoire finalement éclectique, qui fait la part belle à l’opéra contemporain avec pas moins de quatre ouvrages, dont La Celestina de Joaquin Nin-Culmell donnée en septembre.
Les 30, 31 octobre et 1er novembre : I went to the house but did not enter de Heiner Goebbels, sous sa direction, production en provenance du Théâtre Vidy-Lausanne ; Musica clasica (Ramos / Menéndez), zarzuela brève de Ruperto Chapi, les 26 octobre, 8, 15, 22 février, 1er et 8 mars ; El rey que rabio (Pérez-Sierra / Olmos), zarzuela grande du même Chapi du 22 novembre au 11 janvier ; La Gran Via.. esquina a Chueca (Roa / Mir), tripatouillage inquiétant d’après la zarzuela originale La Gran Via de Federico Chueca, du 31 janvier au 8 mars ; Una noche de Zarzuela (Diemecke / Olmos), autre soirée hasardeuse mêlant des pages de différents auteurs célèbres du genre, du 24 avril au 24 mai ; Aura (Ictus Ensemble / Ogland), création du compositeur José Maria Sanchez Verdu, les 30 et 31 mai ; Luci mie traditrici (Cambreling / Grüber), autre opéra contemporain, de Salvattore Sciarrino cette fois, les 5 et 6 juin ; et enfin, une zarzuela vraie de vraie, pour clore la saison : La Calesera (Albiach / Alfaro) de Francisco Alonso, du 3 juillet au 2 août.
Le tout, entrecoupé de ballets et récitals lyriques. On notera que les saisons lyriques à Madrid sont larges, avec le seul mois d’août pour interruption.
Pierre-René Serna