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Saison 2009-2010 du Théâtre de l’Europe-Odéon
Nouvel article

Olivier Py propose une programmation innovante à l’Odéon.

Article mis en ligne le octobre 2009
dernière modification le 16 décembre 2009

par Despoina NIKIFORAKI

– Les enfants de Saturne, création, texte et mise en scène Olivier Py, du 18 sept. au 24 oct. 2009.
On sait que le divin Saturne dévorait ses propres enfants pour conserver son trône. L’expérience du mal et de la douleur infligée à autrui comme à soi-même est-elle donc la seule voie que l’on puisse frayer vers « l’amour, l’amour, le très pur amour » que Saturne lui-même célèbre in extremis ?

– Philoctète, création, de Jean-Pierre Siméon, d’après Sophocle, mise en scène Christian Schiaretti, du 24 sept. au 18 oct. 2009.
Un chef-d’œuvre trop peu joué, dans une langue dont Jean-Pierre Siméon réinvente la puissance et l’éclat. De ce Philoctète, qu’il caractérise comme une « variation à partir de Sophocle » qui « suit plutôt fidèlement le dessin de la pièce », le poète confie qu’il est « une totale réécriture qui est réappropriation de l’objet originel dans une langue autre : ce qui signifie ici non pas du grec au français, mais d’une poésie à une autre. Donc pas une équivalence plus ou moins ajustée mais une métamorphose ».

– Un Hamlet-Cabaret, d’après William Shakespeare, mise en scène Matthias Langhoff, du 5 nov. au 12 déc. 2009.
Pour Langhoff, « le théâtre est l’art d’organiser le scandale : il doit révéler le scandaleux et l’obscène que le monde s’efforce de cacher [...] ». Comme le confie encore le metteur en scène, «  un spectacle, ce n’est pas un produit, c’est un bricolage ».

André Engel mettra en scène « La petite Catherine de Heilbronn »
© Mario Del Curto


–  Je meurs comme un pays, de Dimitris Dimitriadis, mise en scène Michael Marmarinos, du 7 nov. au 12 nov. 2009. Spectacle en grec surtitré.
Ce texte fragmenté et jaillissant est d’une densité, d’une violence, d’une richesse de langue qui invitent à la profération. Il s’agit peut-être d’un témoignage : celui d’un historien ou d’une historienne qui aurait vécu plusieurs siècles après une inconcevable catastrophe.

– La petite Catherine de Heilbronn, reprise, de Heinrich von Kleist, mise en scène André Engel, du 2 déc. au 31 déc. 2009.
Feuilleton amoureux à rebondissements, La Petite Catherine est aussi une chronique médiévale, un conte fantastique, un roman policier, une légende de cape et d’épée, un mythe intemporel, un poème mystique, une ballade populaire..

– La guerre des fils de lumière contre les fils des ténèbres, d’après La guerre des Juifs de Flavius Josèphe, mise en scène, film et scénographie Amos Gitai, du 6 jan. au 10 jan. 2010.
Qu’il réalise des fictions ou des documentaires, Amos Gitai interroge, laisse parler : comme l’a noté Serge Toubiana, sa position est celle du guetteur ou du veilleur, scrutant le terrain où les forces en présence se déploient dans toute leur irréductible singularité. Gitai respecte trop le réel pour imposer un point de vue.

– Les Suppliantes, d’après Eschyle, texte français et mise en scène Olivier Py. Spectacle Hors les murs, à partir du 22 fév. 2010.
Olivier Py a souhaité projeter l’Odéon « hors les murs », à la rencontre de ceux et celles qui deviendront peut-être publics des théâtres.

– Le vertige des animaux avant l’abattage, création, de Dimitris Dimitriadis, mise en scène Caterina Gozzi, du 27 jan. au 20 fév. 2010.
Le plus vieux fonds tragique de la Grèce hante cette œuvre de Dimitriadis à la façon d’un rêve à demi oublié : la fatalité, à la fois implacable et absurde, s’y déploie dans l’énergie d’une parole poétique qui mêle avec une étonnante maîtrise le trivial et l’oraculaire.

– Un tramway nommé désir, création, de Tennessee Williams, mise en scène Krzysztof Warlikowski, du 4 fév. au 3 avril 2010.
Blanche Dubois, sa valise à la main, s’invite chez sa sœur. Ses rêves trahis, sa solitude, son désespoir sont encore des secrets qu’elle n’a partagés avec personne. Et pour interpréter Blanche Dubois, égarée dans un monde brutal où son cœur et son esprit trop sensibles achèvent de sombrer sous nos yeux, le metteur en scène a fait appel à Isabelle Huppert.

– Ciels, texte et mise en scène Wajdi Mouawad, du 11 mars au 10 avril 2010.
Mouawad parle de Ciels comme de l’histoire de « six personnages [...] enfermés de leur propre gré dans un lieu sous haute protection. Ils n’en sont pas sortis depuis des mois et espionnent des conversations téléphoniques dans des endroits cruciaux de la ville, quand ils ne filtrent pas des e-mails. Ils savent qu’un attentat terroriste se prépare et tentent de le déjouer. Bref, ça parlera de paranoïa, de suspicion, de l’enfance, aussi ».

Wajdi Mouawad mettra en scène sa pièce « Ciels »
© Christophe Raynaud de Lage-Festival d’Avignon


– Kean ou désordre et génie, d’Alexandre Dumas et Heiner Müller, mise en scène Frank Castorf, du 5 avril au 15 avril 2010.
Edmund Kean (1787-1833), ivrogne, coureur, incontrôlable et incomparable interprète de Shakespeare, ne fut pas seulement un acteur de génie – il fut aussi la première superstar.

– La ronde du carré, création, de Dimitris Dimitriadis, mise en scène Giorgio Barberio Corsetti, du 14 mai au 12 juin 2010.
Dimitriadis avait choisi de désigner son œuvre en recourant à la figure d’une contradiction irreprésentable : Le Cercle carré. La Ronde du carré propose sans doute à son metteur en scène la formule dramatique d’un refus de toute limite. Comment donc le donner à voir ?

– La vrai fiancée, spectacle pour tous, à partir de 7 ans, d’après les frères Grimm, adaptation et mise en scène Olivier Py, du 18 avril au 11 juin 2010.
La plupart des contes des Grimm n’ont rien de puéril : leur merveilleux est d’autant plus frappant qu’il se détache sur fond de gravité. La cruauté du monde n’est jamais bien loin, en ces contrées peuplées de pauvres orphelins ou de familles souffrant de la famine, où l’innocence est si souvent bafouée et l’enfance exploitée, persécutée, voire torturée...

– Impatience, festival de jeunes compagnies, du 17 juin au 26 juin 2010.
Instantané de la création théâtrale d’aujourd’hui, invitation au voyage des compagnies émergentes, Impatience vous convie à une dizaine de journées festives et généreuses.

Despoina Nikiforaki