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Chorégies d’Orange
Entretien : Raymond Duffaut

Cette saison, la programmation sera franco-italienne.

Article mis en ligne le juin 2010
dernière modification le 2 août 2010

par François JESTIN

Raymond Duffaut, Directeur Général des Chorégies d’Orange, a bien voulu répondre à quelques questions de Scènes Magazine au sujet de l’édition 2010.

Opéra “provençal“ par excellence et absente au Théâtre antique depuis 1970, la Mireille de Gounod sera de retour, et les débuts de la belle Nathalie Manfrino dans le rôle-titre devraient faire figure d’événement (les 4 et 7 août).
Une somptueuse Tosca (avec Catherine Naglestadt et Roberto Alagna, les 15 et 18 juillet), ainsi qu’un concert de belcanto (le 17 juillet) – associant les deux étoiles Natalie Dessay et Juan Diego Florez – compléteront l’affiche.

Raymond Duffaut

Une programmation franco-italienne cette saison, avec d’abord Tosca comme grand titre…
Oui certainement un très grand titre, et au-delà de ce que j’imaginais ! La dernière fois que nous l’avions montée, en 2000, le public avait très bien répondu, mais l’afflux de demandes qu’on a reçues cette année nous a surpris, à tel point que les deux représentations sont déjà quasiment à guichet fermé.

Concernant la distribution, Roberto Alagna est de retour…
Oui, Roberto Alagna est un fidèle parmi les fidèles, en revanche pour les autres rôles principaux j’ai invité de nouveaux venus : Catherine Naglestad, qui sera je pense une belle Tosca, et puis Falk Struckmann en Scarpia, un baryton qui m’avait beaucoup impressionné du point de vue de sa personnalité. La mise en scène sera de Nadine Duffaut, et je confie la baguette à un jeune chef formidable de 28 ans, Mikko Franck, actuel directeur général de l’Opéra de Helsinki, que l’on connaît peu en France. Autant l’année dernière était une année de chefs de grande notoriété avec Chung et Prêtre, autant cette édition sera une carte blanche à de jeunes chefs, avec également Alain Altinoglu dans Mireille.

Catherine Naglestad (Tosca) et Roberto Alagna (Mario Cavaradossi)
© Grand Angle Orange

Mireille, le plus provençal des opéras, de retour en Provence…
Je tenais à remonter Mireille, que je définis un peu comme l’opéra national de la Provence, même si on ne souhaite pas lui donner le côté kitsch de carte postale provençale, tout en restant fidèle à l’œuvre de Mistral. Absente du théâtre antique depuis plus de 40 ans, j’attendais de pouvoir réunir une distribution de qualité entièrement francophone autour de cet ouvrage. Je pense que Nathalie Manfrino a aujourd’hui la maturité pour aborder ce rôle-titre, exposé vocalement, avec à ses côtés le ténor Florian Laconi, dont j’accompagne la carrière depuis ses débuts, et qui a franchi un pas nouveau depuis son Des Grieux à Avignon. Dans les jeunes, également Amel Brahim-Djelloul, Karen Vourc’h, et puis une équipe que je pense solide, avec Marie-Ange Todorovitch, Franck Ferrari, Nicolas Cavallier, Jean-Marie Frémeau. Je m’attache toujours à ce que les distributions soient les plus homogènes possible, certes dans les principaux rôles, mais je crois qu’il est tout aussi important que les rôles secondaires, les petits rôles soient bien tenus, particulièrement à Orange.

Natalie Dessay, Giovanni Antonini et Juan Diego Florez
© Grand Angle Orange

Le concert lyrique Natalie Dessay – Juan Diego Florez est un peu le feu d’artifice de l’édition ?
Oui, le 14 juillet sera tout juste passé ! Effectivement, c’est une belle affiche, avec un programme Bellini – Donizetti tout à fait dans les moyens de ces deux artistes.

Propos recueillis par François Jestin