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Saison 2009-2010 de La Comédie de Genève
Genève, Comédie : Chemins de traverse

Une saison dynamique placée sous le signe des créations.

Article mis en ligne le septembre 2009
dernière modification le 20 décembre 2009

par Julie BAUER

Voyager « d’Est en Ouest dans les jardins extraordinaires du patrimoine vivant », c’est ce que propose La Comédie pour sa saison 2009-2010.Trois prismes nous aideront à y voir plus clair. Le premier mettra en lumière l’Est européen, sa profondeur et son irrévérence avec Barbelo, à propos de chiens et d’enfants, (A)Pollonia et Oxygène, le deuxième se concentrera sur le fait divers au travers de pièces francophones telles que Roberto Zucco, Soupçons et Portrait d’une femme, enfin le troisième, s’intéressera aux mythes et au questionnement sur le présent avec Jocaste Reine, Infuser une âme, Le médecin malgré lui. Sur les neuf spectacles présentés, huit seront des créations nouvelles.

La saison 2009-2010 de La Comédie a été dévoilée par Anne Bisang au cours d’une conférence de presse comptant avec les présences de Michel Delaunoy du directeur du Théâtre du Rideau de Bruxelles, de la metteure en scène Gisèle Sallin, de la comédienne Céline Bollomey, de l’artiste associé Dorian Rossel, et de la chorégraphe de La Ribot. Anne Bisang a exprimé sa volonté de faire de La Comédie une maison des artistes qui s’implique dans différents projets à l’échelle européenne ou en partenariat avec d’autres manifestations ou théâtres et qui permette la promotion de jeunes pousses. Pour la saison 2009-2010, les expositions ainsi que les brunchs thématiques seront reconduits.

Biljana Srbljanovic

Hymnes
En lever de rideau, Anne Bisang propose une pièce de Biljana Srbljanovic qu’elle a elle-même mis en scène. Barbelo, à propos de chiens et d’enfants – coproduite par la Comédie de Valence, le Théâtre du Rideau de Bruxelles et le Théâtre de la Place de Liège – est un poème, un hymne à l’amour originel. Elle raconte un monde fracassé par la guerre, par les régimes tyranniques. C’est l’histoire d’une errance à travers les ruines de Sarajevo. Elle parle d’enfants qui ne pleurent plus mais qui mangent trop. C’est une tragédie fantastique, d’une ironie mordante et d’une puissance vitale. Elle rend hommage aux possibilités de la vie. Barbelo est la matrice originelle. Tous les personnages de la pièce ont envie d’un retour aux sources de la vie. Des comédiens belges dont Lise Wittamer et la comédienne suisse Yvette Théraulaz, feront parties de la distribution.
Après ce voyage à l’Est, on se tourne vers la France avec Roberto Zucco, de Bernard-Marie Koltès, mise en scène de Christophe Perton. Coproduite avec la Comédie de Valence, cette pièce culte est un hymne à la transgression. Mort il y a vingt ans des suites du sida, Koltès nous livre dans cette œuvre son geste d’adieu à la vie. Une exposition consacrée à celui-ci sera montée dans l’enceinte du théâtre.

Questionnement
Jocaste Reine, de Nancy Houston et mise en scène par Gisèle Sallin, nous plonge dans la Grèce antique. Cette création originale qui fait référence au mythe d’Œdipe comble un vide dramatique de plus de 2400 ans. Le personnage de Jocaste, femme d’Œdipe, n’a en effet jamais fait l’objet d’une pièce. Gisèle Sallin, passionnée depuis toujours par le mythe d’Œdipe et par Sophocle, a trouvé en la personne de Nancy Houston une auteure capable de transcrire ce mythe.
Le médecin malgré lui de Molière, mise en scène de Jean-Claude Berutti.
Jean-Claude Berutti a choisi de parodier notre époque ainsi que le pouvoir politique en place. Sganarelle est campé par Bruno Putzulu, acteur français vu notamment dans L’appât de Bertrand Tavernier ou dans Eloge de l’amour de Jean-Luc Godard.

« Jocaste reine »
© Isabelle Daccord

Retour à l’Est avec le spectacle événement de la saison : (A)Pollonia, mise en scène de Krystof Warlikowski, inspiré de plusieurs auteurs dont Euripide, Eschyle, Hanna Krall et Rabindranath Tagore ainsi que du film de Malgorzata Szumowska. Le metteur en scène polonais Krystof Warlikowski qui a souvent fait scandale dans son pays, présentera son travail à Avignon et à Varsovie. D’une durée de quatre heures, les représentations auront lieu au BFM. La pièce, entièrement jouée en polonais, s’interroge sur la culture de la Pologne, l’implication de la culture juive dans celle-ci. Elle raconte le monde d’aujourd’hui et les pages noires de l’histoire de l’Europe. Une grande partie de l’œuvre est musicale avec la présence d’un groupe de rock sur scène.
Après le succès de Quartier lointain, Dorian Rossel l’artiste associé de La Comédie revient avec Soupçons, une pièce qu’il a adaptée du film de Jean-Xavier de Lestrade. Dorian Rossel met en scène une « enquête sur l’enquête » en faisant le portrait d’un homme qui doit, du jour au lendemain, endosser un nouveau rôle.

Infusion
Oxygène d’Ivan Viripaev, mise en scène de la Bulgare Galin Stoev. Seule pièce de la saison qui n’est pas une création. Il s’agit d’une histoire d’amour contrariée entre une Moscovite des quartiers chics et un garçon de la province russe. Abordant plusieurs problèmes de notre époque, l’œuvre se propose de questionner la morale à un niveau intime et personnel. Sur scène, un DJ rythme le spectacle en mixant 10 chansons, faisant référence aux Dix Commandements.

« (A)Pollonia »
© Magdalena Hueckel

Claude Inga-Barbey. L’artiste multi-visages qu’est Claude Inga-Barbey, présente une pièce autour de Virginia Woolf, auteure au destin tragique qu’elle admire. Infuser une âme met en scène un trio de comédiennes : Claude Inga-Barbey, Séverine Bujard et Doris Ittig.
Enfin, Portrait de femmes de Michel Vinaver et mis en scène par Anne-Marie Lazarini clôture la saison. L’origine de cette pièce remonte à 1953 lorsque se tient le procès très médiatique de Sophie Auzanneau, une jeune fille qui a assassiné son ex-amant, étudiant en médecine. Michel Vinaver se passionne pour cette affaire et collectionne toutes les coupures de presse. En partant de ce matériau brut, et de tout ce qui a été dit dans le prétoire, il monte sa pièce, œuvre qui n’a jamais été jouée à Paris puisque Vinaver s’y refuse.
Outre ces neuf spectacles, La Comédie coproduit aussi dans le cadre de la Bâtie-Festival, la pièce Llámame Mariachi de La Ribot. Au son de la musique électronique et en compagnie d’une danseuse et d’une comédienne, le spectateur va s’interroger sur ce qu’est la danse et ce que danser apporte.

Julie Bauer

Plus d’infos sur : www.comedie.ch