La saison sera multiculturelle, et offrira des zestes de légèreté...
par Firouz Elisabeth PILLET
La directrice des Spectacles Onésiens, Cyrille Schnyder, évoque avec Scènes Magazine la nouvelle saison qu’elle a concoctée pour le plaisir des spectateurs de la salle onésienne.
Depuis 1987, année de la création des Spectacles Onésiens, vous maintenez avec constance une programmation diversifiée et colorée. Trouvez-vous que les attentes du public aient beaucoup changé en plus de deux décennies ? Quelles sont-elles ?
Je n’ai pas de plan de programmation lié aux éventuelles attentes du public. Je programme en fonction de l’air du temps, avec comme boussole la qualité et la diversité et une grande ouverture sur le monde. C’est, je pense, ce qui fait notre succès public depuis 23 ans.
Dans un précédent entretien, vous parliez d’une couleur Spectacles Onésiens ; pourriez-vous la définir ? Cette couleur correspond-elle à vos coups de cœur ?
Oui certainement, il y a une touche puisque j’assume mes choix de programmation en toute subjectivité. Mais ils séduisent des publics différents car je veille à cet éclectisme et aussi à rajeunir les publics, ce qui me pousse à ouvrir grands mes yeux et mes oreilles.
Vos programmations vont de découvertes en retrouvailles. Côté retrouvailles, de nombreux artistes vous sont devenus fidèles ? Quel est votre secret ?
On vit un monde ou le zapping est devenu la règle. Je ne suis pas d’accord de pratiquer cette politique. On a besoin de références et de renouveau. Il y a des artistes que sont comme des feux d’artifices et qui ne réussissent pas à durer et d’autres que font des carrières dans la durée. Les deux peuvent être de qualité. Il faut découvrir sans cesse de nouveaux talents, de nouveaux styles, mais il ne faut pas envoyer aux oubliettes ce qui a été et est encore intéressant et créatif. Tant qu’un artiste est créatif, qu’il se renouvelle et propose de belles choses, je peux le programmer régulièrement.
Comment se porte et évolue le Festival des Créatives, que vous avez créé en 2005 pour donner une plus grande visibilité aux artistes féminines ?
Bien, merci. Même si le souci du financement est récurrent chaque année. Je suis heureuse de constater qu’il y a de plus en plus de femmes qui vivent de leur création artistique. Ce qui s’est fait de plus intéressant ces dernières années en musique est le fait de femmes entre 20 et 35 ans de toutes cultures. C’est génial et le festival est un coup de projecteur sur cette créativité, mais aussi l’occasion de rencontres, expositions et autres sur des sujets de société. Le programme 2010 est disponible sur www.lescreatives-onex.ch l’Afrique du nord et de l’ouest y sera très bien représentée.
Pour la saison 2010-2011, sur quels genres avez-vous mis l’accent ?
L’époque étant assez morose, on souhaite offrir des zestes de légèreté, des spectacles d’une créativité protéiforme et comme toujours multiculturelle. Il sera question de théâtre et de danse, pour dénoncer et questionner, de musiques du monde, de pop, folk, tango, blues ou jazz pour voyager… et beaucoup d’humour, comme une virgule essentielle dans le texte de la vie.
Si on arrive à donner un peu de bonheur aux gens je suis heureuse car je crois que c’est ce qu’ils recherchent quand ils sortent de chez eux pour aller au spectacle.
Vous affectionnez cette phrase de Gide qui dit : « les choses les plus belles sont celles que souffle la folie et qu’écrit la raison ». Cette citation résume-t-elle votre travail en tant que programmatrice : de la raison en amont, pour prospecter, dénicher de nouveaux talents ; de la folie lors des spectacles ?
Cette phrase convient bien à ma philosophie de vie en général, mais elle colle spécialement à la création pour les arts de la scène. La “folie“ pour la créativité et la raison pour la concrétisation des projets et leur réalisation qui implique une adaptation avec certaines contraintes.
Quelque soit l’artiste ou le groupe que se produit à Onex, tous ont un mot à votre égard, vous remerciant pour l’accueil particulièrement chaleureux (je songe à Michel Boujenah ou plus récemment Dorado Schmitt). Vous leur offrez un accueil familial ?
Je ne sais pas si c’est un accueil familial – je suis mère de famille nombreuse donc j’ai peut-être ce côté maman très prononcé – mais c’est surtout que j’ai une équipe formidable autour de moi et que chacun aime son travail et le fait avec du cœur. On reçoit donc les gens comme à la maison. Il ne faut pas oublier qu’on les a invités, on est donc heureux de les accueillir. Idem pour le public, on fait au mieux, avec les moyens du bord.
Votre parcours personnel vous a amenée à pratiquer chant, théâtre, musique ; trouvez-vous encore le temps de pratiquer ces passions ?
Absolument pas. Je vis tout ça par procuration ! Mais ça ne me manque pas je suis passionnée par le travail des autres.
Vous avez grandi dans une famille où l’art plastique était très présent. Parmi ces divers modes (cités précédemment) d’expression artistique, lequel a votre préférence ?
La musique, assurément ma plus fidèle compagne.
Cet été, vous passerez vos vacances au soleil à vous détendre ou dans les salles de spectacles et festivals à prospecter ?
L’été est court car il y a tant à faire pour préparer la rentrée et voir un maximum de spectacles et concerts. Je vais essayer de faire un mixte des deux mais je serai surtout dans les festivals. Je commence par Avignon. Mais je vais essayer de prendre quelques jours avant que le festival ne débute.
Avez-vous de nouveaux projets pour les Spectacles onésiens ?
Durer et évoluer avec nos moyens est déjà un beau projet mais je ne vois pas le temps passer.
Propos recueillis par Firouz Elisabeth Pillet
Plus d’informations sur :
– www. spectaclesonesiens.ch
– www.lescreatives-onex.ch